– Plus de 400 partisanEs des droits humains conjurent Amnesty International….

Plus de 400 partisanEs des droits humains conjurent Amnesty International…

logo amnesty protégeons lorgasme cropped

Plus de 400 partisanes et partisans des droits humains conjurent Amnesty International de voter NON à une proposition de légaliser l’activité des proxénètes, des propriétaires de bordel et des acheteurs de sexe.

Gloria Steinem, Eve Ensler et Meryl Streep, entre autres, s’allient aux survivantes de l’industrie du sexe pour prendre parti en faveur des droits humains et de l’égalité des femmes.

(New York, Le 23 juillet 2015) – Plus de 400 groupes nationaux et internationaux de défense des droits des femmes, dont la Coalition Against Trafficking in Women (CATW), activistes des droits humains, médecins, vedettes et réalisatrices de films, designers, ainsi que des organisations confessionnelles et d’autres personnes concernées dans plus de 30 pays, viennent de co-signer une Lettre ouverte à Amnesty International* exprimant leur consternation envers sa proposition de politique appelant à la dépénalisation complète de l’industrie du sexe. Si elle est adoptée à la réunion du Conseil international d’Amnesty, qui sera tenue à Dublin du 7 au 11 août, cette politique aurait pour effet concret de préconiser une légalisation du proxénétisme, de la tenue de bordels et de l’achat de sexe – activités qui sont les piliers d’une industrie mondiale du sexe dont les recettes annuelles sont évaluées à 99 milliards de dollars.

Moins de 24 heures après avoir appris la politique proposée à ses membres par Amnesty, des dizaines de stars d’Hollywood et de personnalités se sont jointes à une campagne de pression internationale exhortant Amnesty à se montrer plutôt solidaire des personnes exploitées dans le commerce du sexe, qui sont principalement des femmes, que de se ranger avec leurs exploiteurs. On remarque au nombre des signataires l’actrice oscarisée Meryl Streep, la chef et activiste célèbre Alice Waters, la journaliste lauréate du prix Pulitzer Anna Quindlen, l’autrice Hannah Pakula, la poétesse et militante des droits humains Rose Styron et même Lydia Cacho, récipiendaire du Ginetta Sagan Award for Women and Children’s Rights que lui a décerné en 2008 Amnesty International.

On compte déjà aussi parmi les signataires de cet appel : Angela Bassett, Emily Blunt, Jonathan Demme, Grace Hightower De Niro, Lena Dunham, Anne Hathaway, Sarah Jones, Kevin Kline, Lisa Kudrow, Kyra Sedgwick, Emma Thompson, Kate Winslet et beaucoup d’autres noms connus.

L’accueil fait à cette lettre ouverte publiée par la CATW a été si enthousiaste que ce texte a vite été transformé en campagne de pression sur le site Change.org (http://chn.ge/1IoEMVB), où continuent à s’accumuler les signatures.

Comme l’indique ce texte, les signataires conviennent clairement avec Amnesty que les personnes prostituées ne doivent en aucune façon être criminalisées ou brutalisées par les forces de l’ordre et les gouvernements. Toutefois, une dépénalisation entière de l’industrie du sexe transforme les proxénètes en simples «hommes d’affaires», vendant impunément à des acheteurs de sexe des personnes vulnérables, dont la majorité a des antécédents de pauvreté, de discrimination, de sans-abrisme et de violence sexuelle.

«J’espère et je crois qu’Amnesty va comprendre les parallèles de la prostitution avec d’autres formes d’invasion corporelle sous contrainte économique – par exemple, la vente d’organes», a commenté Gloria Steinem. «Les millions de personnes qui sont prostituées vivent des traumatismes et des vies raccourcies. La légalisation libère et enrichit les proxénètes, les tenanciers de bordels et les esclavagistes sexuels, alors que la criminalisation des prostituées envoie celles-ci en prison. Ce qui fonctionne, c’est la «troisième voie», le modèle nordique, qui offre des services et des solutions de rechange aux personnes prostituées. Quant aux acheteurs, cette approche les met à l’amende et les éduque à la réalité du commerce mondial du sexe mondiale.»

Une multitude de preuves démontre aujourd’hui les effets catastrophiques de la légalisation ou la décriminalisation du proxénétisme et des bordels, comme cela se constate en Allemagne et aux Pays-Bas, par exemple. L’impunité accordée à l’exploitation sexuelle commerciale de populations marginalisées s’accompagne d’une augmentation du trafic sexuel pour satisfaire la demande de prostitution. Des études et les témoignages de survivantes démontrent que l’industrie du sexe est fondée sur une déshumanisation, un avilissement et une violence de genre qui peuvent causer des dommages physiques et psychologiques qui se prolongent durant toute une vie.

«Un vote appelant à la légalisation du proxénétisme appuierait de facto un apartheid sexuel, dans lequel certaines femmes de nos sociétés peuvent exiger s’être protégées contre le viol, la discrimination et le harcèlement sexuel, alors que d’autres, qui comptent parmi les plus vulnérables d’entre nous, sont plutôt mises de côté pour consommation par des hommes et au bénéfice de leurs proxénètes», a déclaré Taïna Bien-Aimé, directrice générale de la CATW. « C’est loin de correspondre à ce qu’Eleanor Roosevelt envisageait pour le monde quand elle a rédigé la Déclaration universelle des droits de l’homme.»

La Coalition Against Trafficking in Women (CATW) est une organisation non gouvernementale (ONG), qui lutte contre la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle commerciale des femmes et des filles à travers le monde. La CATW fait un travail de plaidoyer, d’éducation, de services aux victimes et offre des programmes de prévention pour les victimes de la traite et de la prostitution en Asie, en Afrique, en Amérique latine, en Europe et en Amérique du Nord.

www.catwinternational.org

*Version française de cette lettre ouverte à la direction d’Amnesty International: http://bit.ly/1HM48co

Version espagnole: http://bit.ly/1JhsBbZ

PRIÈRE DE DIFFUSER AMPLEMENT

Publicités