– INTRODUCTION –

 

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Le présent site entend regrouper et tenir à jour des ressources essentielles à quiconque veut prendre en compte l’urgence d’une écoute et d’un appui aux femmes aux prises avec le système prostitueur. Sous diverses rubriques et grâce à un travail quotidien de veille – que vous pouvez suivre sur notre page FB et compte Twitter – nous souhaitons vous faciliter la consultation de nouvelles, de revendications, de reportages, de témoignages, d’essais critiques, de recherches, d’études et de textes de création.

Si vous ne disposez que de très peu de temps, vous trouverez ici des ressources rassemblées dans l’esprit « si vous ne deviez lire que cela »…

Le site fonctionne ainsi : chaque page thématique (les onglets ci-dessus) présente des tableaux qui regroupent des liens par thèmes (sur deux plateformes : Pinterest et Scoop-it.) Par ailleurs, comme vous pouvez le constater en page d’accueil, ce wordpress héberge aussi des textes et traductions (que vous retrouverez dans les tableaux thématiques auquel ils appartiennent) qui étaient selon nous trop dispersés sur le net et surtout qui ne pouvaient pas bénéficier de classement par catégories (sur votre droite.)

Le système prostitueur

Aux termes un peu vagues de « prostitution » et à la notion controversée de « travail sexuel », nous avons préféré celui de « système prostitueur ». En effet, quand on y pense, que et qui désigne « la prostitution » ? Une sexualité ? Les personnes prostituées ? L’échange d’argent ? La criminalité ? Ne reste-t-il pas de grands pans dans l’ombre, à commencer par la demande qui crée l’industrie ? Car sous l’appellation sulfureuse de « prostitution », derrière ces images aguicheuses de voitures aux vitres assombries, est en fait déployé un système sociopolitique aux acteurs nombreux qui ont plusieurs rôles interdépendants. Le terme « système » nous semble rendre compte de cette complexité et le suffixe « tueur » plus représentatif de ce dont témoignent les survivantes de ce que des hommes font à des femmes et à des enfants. Les mots sont importants, surtout quand il s’agit de rendre compte de phénomènes politiques et sociaux aussi préjudiciables.

Pour simplifier, nous rappellerons que ce système prostitueur fonctionne avec deux acteurs principaux : le client prostitueur et la femme prostituée (ou l’enfant), et un troisième acteur : le proxénète, ou prosti-tuant.

Pourquoi isoler ces trois là ? Parce que cette structure facilite la description des trois principaux régimes juridiques de traitement social de ce système :

  • La voie dite prohibitionniste est censée pénaliser également prostituées, proxénètes et clients. Pour nous c’est le plus mauvais et le plus injuste des systèmes car il pénalise les victimes. Et en pratique on constate qu’il ne pénalise à peu près qu’elles, les prostitueurs étant très peu inquiétés et les proxénètes souvent protégés par la corruption policière. Les femmes prostituées constituent des cibles faciles pour la police et font l’objet de coups de filet ostentatoires. En tant qu’abolitionnistes, nous nous opposons absolument au prohibitionnisme.
  • La voie dite réglementariste a le défaut inverse : elle dépénalise tout le monde indifféremment, y compris les proxénètes qui prospèrent comme des coqs en pâte dans leurs bordels, puisque la société légitime ouvertement l’exploitation sexuelle commerciale. Nous avons consacré un dossier complet à l’échec avéré de cette formule, mise en place dans certains territoires (Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, etc.) depuis plusieurs années. De plus en plus de survivantes de cette foire aux femmes témoignent des séquelles désastreuses de régimes où, malgré des promesses de sécurité, souteneurs et clients acquièrent l’impunité.
  • La voie dite abolitionniste (ou néo-abolitionniste) a l’avantage de faire la distinction entre les exploitées et les exploiteurs. En plus de décriminaliser totalement les femmes prostituées et de leur offrir les soutiens sociaux qu’elles réclament, cette politique publique est dissuasive de l’exploitation, pénalisant (sévèrement) les proxénètes et trafiquants et (très modérément) les prostitueurs arrêtés. On appelle aussi cette approche le « modèle nordique » parce qu’il a été créé en Suède, après vingt-huit ans de réglementarisme. La Norvège et l’Islande en ont depuis adopté les principes, et il s’apprête à être instauré en France. Le Canada, l’Irlande du Nord et Cuba se penchent également sur cette formule.

Pour compléter cette présentation très succincte, voici trois textes de présentation qui synthétisent bien les raisons du projet abolitionniste :

Nos pages et rubriques entendent vous faciliter la navigation et la tenue à jour de vos connaissances. En voici la présentation :

Il y a d’abord le plus important selon nous : les témoignages des survivantes de la prostitution.

Une page sur les clients détaille les comportements et motivations du moteur principal du système prostitutionnel : la « demande ».

Cette demande nourrit trafics, réseaux et proxénétisme qui ont aussi droit à leur propre page.

Ce tableau nous mène au projet abolitionniste lui-même, fondé sur l’échec de son contretype, le réglementarisme. Nous présentons également des études et des rapports officiels d’OI et d’ONG, réalisés dans plusieurs pays, dont les conclusions nourrissent certaines analyses fondamentales qui vont au cœur du sujet.

Une section particulière détaille le problème des enfants et adolescents victimes de la prostitution car, aussi choquant que cela puisse paraître, les enfants prosti-tuéEs non seulement sont en très grand nombre mais aussi en nombre croissant dans le monde.

Défendu par de puissants lobbys, le système prostitutionnel est étroitement lié à l’industrie de la pornographie; il a aussi fourni un modèle au phénomène croissant de la prostitution utérine, dite GPA. Nous nous sommes également intéressées aux représentations de la prostitution dans l’art ainsi qu’à des travaux artistiques abolitionnistes. Enfin, vous trouverez sur ce site une bibliographie, une liste d’autres sites de ressources, une page contact pour nous faire vos suggestions. À chacune de ces sections correspond un onglet sur notre page d’accueil, sur laquelle vous trouverez également de nombreux textes traduits de l’anglais. Ces textes sont classés par catégories et sont intégrés dans nos tableaux thématiques Pinterest et Scoop-it. Vous pouvez également les retrouver sur notre Tumblr.

Le Québec et le Canada ont eu droit à une page spéciale qui a bouillonné toute l’année 2014 puisque nous avons activement participé à la campagne pour l’adoption d’une loi fédérale abolitionniste C36 votée en décembre 2014, à la requête de la Cour suprême du Canada.

Nous vous souhaitons une bonne navigation et apprécierons beaucoup vos commentaires et questions.


Nous tenons à remercier la collègue qui a bien voulu nous transmettre son précédent travail, que nous continuons, en un sens, ici, mais sur lequel nous avions des réserves (trop peu de rubriques, non hiérarchisation des éléments) et que donc, nous espérons améliorer.

NB : À moins d’indication contraire, les traductions sont de M. Dufresne.

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