– CRIMES/PIMPING/TRAFFICKING –

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« La prostitution n’est pas le lieu où opère le trafic mais la cause du trafic sexuel » Rachel Moran, survivante de la prostitution

Cette phrase de Rachel Moran opère un renversement causal par rapport au sens commun : il y a du proxénétisme parce qu’il y a de la prostitution, et non l’inverse.

Proxénétisme, réseaux de traite d’êtres humains sont constitutifs et indissociables du système prostitueur. Pourquoi ? Parce que l’achat d’actes sexuels est tellement banalisé, voir institutionnalisé, dans notre société patriarcale que la demande (masculine) excède toujours « l’offre » (féminine). Le proxénète ne fait que répondre à cette demande, qui ne se satisfait pas des « volontaires ». C’est la raison pour laquelle on ne peut pas pas séparer « bonne/libre » et « mauvaise/contrainte » prostitution (il y aurait de la prostitution heureuse et des méchants proxénètes) car elles sont intrinsèquement liées par un élément commun : le client-prostitueur, qui ne veut – ni ne peut habituellement – s’assurer du degré de contraintes (la pauvreté en étant une a minima) des femmes qu’il consomme expéditivement.

La formulation de Rachel Moran prend alors tout son sens : contrairement à l’opinion commune, la criminalité liée à la prostitution n’est pas liée à une dynamique qui serait extérieure à elle, et dont on pourrait se débarrasser pour ne garder que la « bonne » prostitution, mais elle lui est inhérente. C’est ce qu’ont compris les États abolitionnistes comme la Suède qui ont réorienté l’intervention vers les véritables criminels. La lutte contre le proxénétisme, si elle est essentielle et prioritaire, demeure vouée à l’échec si l’on ne s’en prend pas à sa cause : le client prostitueur.

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