– Prostitution : Réponse au Défenseur des Droits, par Geneviève Duché

Prostitution : réponse au Défenseur des Droits

par Geneviève Duché

Présidente de L’Amicale du Nid

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En réponse au Défenseur des Droits dans son avis n°15-28 concernant la proposition de loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel. Un avis négatif sur la pénalisation de l’achat d’acte sexuel et présentant la prostitution comme une activité choisie donc libre.

Cet avis est consternant parce qu’il montre que le défenseur des Droits ne sait rien du système prostitutionnel, qu’il reprend sans recul les propos des pro-prostitution alors qu’il est chargé de défendre les droits dans un pays abolitionniste, qu’il n’a pas entendu, avant de prendre sa décision, les associations abolitionnistes qui accompagnent les personnes prostituées vers la sortie de la prostitution, parce qu’il transforme une violence en liberté.

Lutter contre la prostitution c’est refuser que les femmes soient réduites à un sexe, c’est refuser que leur corps soit un bien disponible, que leur humanité soit niée, c’est refuser que le plaisir d’un groupe d’hommes passe par le goût et la pratique de la domination et de la violence à l’égard d’enfants, de femmes et d’hommes.

L’Amicale du Nid qui accompagne 5000 personnes par an, observe que les personnes en situation de prostitution sont des victimes d’une violence sexuelle, psychologique et économique. Elles subissent un cumul de violence, la passe elle-même, un viol tarifé, et les violences de la situation de prostitution, viols, violences physiques, insultes, stigmatisations etc. Elles subissent un continuum de violences de l’enfance et de l’adolescence à l’âge adulte (inceste, violences sexuelles, psychologiques et physiques, abandons etc.), Et ce, quelle que soit la forme de la prostitution.

Les conséquences de la prostitution sur la santé des personnes prostituées sont désastreuses et les barrières pour en sortir sont fortes et nombreuses dont la précarité, les addictions, l’isolement, l’emprise des proxénètes et des réseaux.

La lutte contre le système prostitutionnel est partie intégrante de la lutte contre les violences faites aux femmes. Il est urgent que la proposition de loi de renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel soit votée en France.

Les prostitué-es ne sont pas tous-toutes des victimes de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle mais c’est bien parce que la prostitution existe que la traite existe. C’est parce qu’il y a une demande, des clients, que le marché est organisé par les trafiquants qui contraignent des millions de femmes et d’enfants. Comment alors le Défenseur des Droits imagine lutter contre la traite puisqu’il déclare qu’il est nécessaire de le faire et de protéger les victimes ?

Il est urgent de pénaliser les clients de la prostitution qui commettent des violences sexuelles intolérables dans un pays où liberté et égalité sont des valeurs essentielles et que devrait respecter un défenseur des Droits.

La prostitution n’est ni une liberté, ni un travail comme un autre, elle n’est qu’une solution de désespoir pour beaucoup de personnes prostituées et le résultat d’une emprise pour la plupart.

Il faut une loi qui interdise l’achat de tout acte sexuel. Que peut-on craindre d’une norme sociale qui interdit une violence ?

 

Geneviève Duché,

Présidente.

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