– Une relation « asymétrique » : parallèles entre la prostitution et le développement des robots sexuels.

Une relation « asymétrique » : parallèles entre la prostitution et

le développement des robots sexuels

Kathleen Richardson

https://campaignagainstsexrobots.org/

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« Une relation « asymétrique » : parallèles entre la prostitution et le développement des robots sexuels »

Publié sur le site de la Librairie Digitale ACM en tant que numéro spécial du bulletin du SIGCAS de l’ACM. SIGCAS Computers & Society | Sept 2015 | Vol. 45 | No. 3 292 – 3 293

Kathleen Richardson
CCSR
Université De Montfort, Leicester, UK
44 (0) 116 2078584

Kathleen.richardson@dmu.ac.uk

RÉSUMÉ

Dans cet article, j’examine le modèle de relation asymétrique qui est transposé de la relation client-femme prostituée à celle de homme-robot sexuel. Plus précisément, je questionne les arguments proposés par David Levy qui identifie la prostitution/travail du sexe comme un modèle qui peut être importé dans les relations humain-robot. Je m’appuie sur la littérature anthropologique qui traite de l’anthropomorphisme des choses non humaines et la manière dont ces choses nous ramènent aux notions genrées liés à la sexualité. Dans la dernière partie de l’article, j’avance que la prostitution n’est pas une activité ordinaire, mais s’appuie sur la capacité d’utiliser une personne comme une chose et que c’est pourquoi des parallèles entre les robots sexuels et la prostitution sont si fréquemment faits par leurs défenseurs.

Catégories et descripteurs de sujets : K.4.1 [Informatique et société] : Éthique

Termes généraux : Facteurs humains

Mots-clés : Éthique de la robotique, robots sexuels, prostitution, subjectivité, genre

  1. INTRODUCTION

Un certain nombre d’initiatives sont maintenant en place afin d’intégrer le développement des robots sexuels dans l’activité robotique courante. En novembre 2015 par exemple, des roboticiens intéressés par le développement du domaine de recherche sur les robots sexuels ont pu participer à la deuxième Conférence internationale sur L’amour et le sexe avec les robots qui s’est tenue en Malaisie. La conférence a permis de se pencher sur des sujets comme les émotions du robot, les robots humanoïdes, les télédildoniques et le matériel électronique intelligent.

Dans son livre Le sexe, l’amour et les robots, [1] David Levy propose un avenir aux relations humain-robot en se basant sur les échanges retrouvés dans la relation prostitutionnelle. Levy crée explicitement des parallèles entre payer pour des prostituées humaines et l’achat de robots sexuels [1 p.194]. J’estime que la proposition de Levy contient un certain nombre de problèmes. D’abord, en ce qui a trait à sa compréhension de ce qu’est la prostitution, et deuxièmement, en s’appuyant sur la prostitution comme modèle des relations sexuelles avec les robots, Levy démontre que les « vendeuses » de sexe sont considérées par les acheteurs comme des choses et ne sont pas reconnues comme des sujets humains. Cela justifie un mode d’existence dangereux, où les humains peuvent avoir des relations avec d’autres humains sans les reconnaître comme d’autres sujets humains dans leur propre droit.

Quelles sont les dimensions éthiques de l’expansion des robots dans de nouveaux domaines, tels que le sexe, et quel modèle de relation sexuelle est invoqué dans le transfert à des robots? D’un point de vue éthique, il y a une forte résistance à l’utilisation de robots dans l’armée et à cet effet, un organisme bien établi, La campagne pour interdire les robots tueurs (http://www.stopkillerrobots.org/), est dédié à la prévention du développement de la guerre robotique et automatisée qui, en outre, tiendrait à l’écart les ressources humaines. Devrions-nous en tant que communauté de la robotique réfléchir de même à la mise en œuvre d’une réponse similaire au développement des robots sexuels? Serait-ce possible que le développement des robots sexuels marque également une tendance inquiétante en robotique? Je mettrai en avant à la fin de cet article le besoin urgent de créer une campagne contre les robots sexuels.

  1. LA CONSOMMATION DES CORPS ET DE L’INTIME COMME BIENS DE CONSOMMATION

La prostitution est la pratique de vendre un sexe contre une rétribution monétaire. Au cours des dernières années, ceux et celles qui travaillent dans l’industrie de la prostitution (en particulier en Europe et en Amérique du Nord) ont favorisé l’expression « travail du sexe » à celle de prostitution comme façon de montrer en quoi il est semblable à d’autres types d’emplois du domaine des services. Une notion telle que la prostitution implique que la prestataire est dans une position subalterne. Le féminisme de la troisième vague avance que les femmes ne sont pas asservies, mais font des choix conscients en optant pour un travail qui est influencé par leur sexe [2]. En revanche, le terme « travailleuse du sexe » étend le cadre du travail pour y inclure le « travail sexuel ». Cette redéfinition de la prostitution comme un travail (et comme service) a été remise en question par un certain nombre de militantes et de chercheuses [3, 4, 5]. Tandis que ceux qui sont en faveur de l’industrie du sexe la décrivent comme une extension des relations sexuelles libres, les militantes contre la prostitution soulignent qu’en l’absence de consentement, la prostitution ne peut être reformulée comme positive. Les faits sur la prostitution sont troublants,  la violence et la traite humaine y étant souvent interconnectées [3, 4]. De plus, l’industrie est vaste et une récente enquête de l’Union Européenne a conclu que :

-les revenus de la prostitution sont estimés à près de 186 milliards de dollars par année dans le monde

-la prostitution a une dimension mondiale, où de 40 à 42 millions de personnes y sont prostituées

-dont 90 % dépendent d’un proxénète et 75 % d’entre elles ont entre 13 et 25 ans

[P. 4 p. 6]

Quand les robots sont introduits en tant qu’alternatives possibles aux femmes (ou aux enfants), certains, comme Levy, demandent « Où est le mal, c’est seulement une machine? ». Ce point de vue est pareillement utilisé par certains envers celles qui vendent leur sexe.

Levy propose de surcroit que les robots sexuels pourraient contribuer à réduire la prostitution. Cependant, des études ont constaté que l’introduction de nouvelles technologies soutient et contribue plutôt à l’expansion de l’industrie du sexe. Il y a plus de femmes employées par l’industrie du sexe maintenant qu’à tout autre moment dans l’histoire [5]. La prostitution et la production de pornographie augmentent aussi avec la croissance d’internet. En 1990, 5,6 % des hommes avaient déclaré avoir déjà payé pour du sexe au cours de leur vie. En 2000, ils étaient 8,8 % mais on peut supposer que ces chiffres sont plus élevés en raison de la moindre réticence des hommes à admettre qu’ils paient pour du sexe [6]. Comme l’achat de sexe s’appuie uniquement sur la reconnaissance des besoins des acheteurs, il n’est pas surprenant que des enfants en souffrent aussi en conséquence. L’Agence nationale de lutte contre la criminalité du Royaume-Uni a identifié le web comme une nouvelle source de danger pour les enfants, y compris la prolifération d’images pornographiques d’enfants et l’exploitation sexuelle  d’enfants en ligne [7].

Les arguments voulant que les robots sexuels fourniraient des substituts sexuels artificiels et réduiraient l’achat de sexe ne sont pas corroborés par les faits. Il existe déjà de nombreux substituts sexuels artificiels, les RealDolls, les vibrateurs, les poupées gonflables, etc. Si un substitut artificiel pouvait réduire le « besoin » d’acheter du sexe, il y aurait déjà une réduction de la prostitution, pourtant, aucune corrélation à cet effet n’a été constaté. Afin de comprendre pourquoi les hommes achètent du sexe, il est important de comprendre ce qui se passe lors de ces échanges et la façon dont les hommes le décrivent. Les commentaires suivants viennent d’hommes qui achètent des rapports sexuels :

« La prostitution, c’est comme se masturber sans avoir à utiliser votre main »

« C’est comme la location d’une petite amie ou d’une épouse. Vous pouvez choisir comme dans un catalogue »

« Je suis désolé pour ces filles, mais c’est ça ce que je veux » [3] p.8.

Tandis que les hommes sont les principaux acheteurs de sexe humain, les femmes sont plus susceptibles d’acheter des substituts artificiels non humains tels que des vibrateurs, [1] qui stimulent une partie du corps, plutôt que d’acheter un adulte ou un enfant. Regardez à nouveau les propos plus haut : « louer une petite amie » ou « Je suis désolé pour ces filles, mais c’est ça ce que je veux », ils indiquent que l‘acheteur de sexe met ses besoins avant l’existence de l’autre personne. Dans l’échange prostitutionnel, les deux personnes impliquées arrivent d’une manière spécifique. Une étude réalisée par Coy [3 p. 18] a démontré l’aspect asymétrique de la rencontre entre acheteurs et vendeuses de sexe. En tant que sujets modernes, les hommes et les femmes ont les mêmes droits en vertu de la loi et ces droits les reconnaissent comme des agents humains. Dans la prostitution par contre, seul l’acheteur de sexe se voit attribuer une subjectivité, celle qui vend son sexe est réduite à une chose. Ceci prend forme de plusieurs façons et un déni de la subjectivité se produit lorsque les expériences et les sentiments de « l’objet » ne sont pas reconnus. Cette négation de la subjectivité des femmes peut être comprise comme de l’objectivation sexuelle. Ces dimensions sont évidentes dans les propos de ces hommes marqués par le manque d’empathie envers les femmes qu’ils achètent. Ils les ont construites dans leur tête, en fonction de leurs propres fantasmes masturbatoires, plutôt que de reconnaître leur réalité. Il est également révélateur que souvent les hommes comprennent la situation et les sentiments des femmes en projetant sur elles ce que eux voulaient qu’elles ressentent pendant ou après le sexe [3 p. 18].

Dans les échanges prostitutionnels, la subjectivité de la prostituée est diminuée tandis que la subjectivité de l’acheteur est la seule perspective privilégiée. Puisque les robots sont des entités programmables sans aucune ou très peu de capacités autonomes, il semble logique que la prostitution devienne le modèle pour les relations humain-robot sexuel, tel que défendu par Levy.

L’on oublie toutefois un facteur-clé de cette relation, soit l’incapacité pour l’acheteur de sexe d’avoir de l’empathie pour celle qu’il achète. Expert de l’autisme, Simon Baron-Cohen [8] dans son livre Zéro degré d’empathie, propose une base genrée à l’empathie comme catégorie normative. Il en dit ceci :

« L’empathie est sans aucun doute une compétence importante. Elle nous permet de comprendre ce que quelqu’un d’autre ressent ou ce qu’il pourrait penser. L’empathie nous permet de comprendre les intentions des autres, de prévoir leur comportement et de ressentir une émotion déclenchée par la leur. En bref, l’empathie nous permet de communiquer efficacement dans le monde social. C’est donc la « colle » du monde social, qui nous incite à aider les autres et nous empêche de leur faire du mal [9 p. 163].

Baron-Cohen suggère que la prévalence disproportionnellement plus élevée de la criminalité, de la violence sexuelle, du recours à la prostitution et du meurtre chez les hommes démontre chez ceux-ci un manque d’empathie en comparaison aux femmes [8]. En soutenant que l’empathie est une capacité à reconnaître, à prendre en compte et à répondre aux pensées et aux sentiments sincères d’une autre personne, nous pouvons constater qu’elle est absente dans l’achat de sexe. L’acheteur de sexe est libre d’ignorer l’état de l’autre personne comme sujet humain et de la transformer en une chose.

  1.  TRANSFÉRER LES EXPÉRIENCES HUMAINES AUX OBJETS

L’utilisation de robots (adultes et enfants) pour le sexe est justifiée chez certains par le fait que les robots ne sont pas des entités réelles, ne sont que des choses. Ce genre de récit est répété en ce qui a trait à la production de vidéos dégradantes, d’images d’exploitation sexuelle d’enfants dans les paramètres de la réalité virtuelle [11] et de la violence raciale et sexuelle vue dans certains jeux vidéo, tels que Grand Theft Auto, où les joueurs sont récompensés pour avoir tué des prostituées [12]. Le transfert des qualités humaines aux choses a provoqué de longues discussions dans la communauté de la robotique. Est-il possible de transférer les concepts humains de sexe, de classe, de race ou de sexualité à un robot ou à un non-humain? Sur le plan anthropologique, la réponse est oui. Ce thème a déjà été soulevé dans une discussion sur les robots en tant qu’esclaves. Bryson [10] s’est alors déchaînée contre les arguments associant les robots aux esclaves parce que, selon elle, ils ne sont rien de plus que des appareils mécaniques – faites ce que vous voulez aux robots! Mais est-ce que ces deux positions sont les seules possibles? Est-il concevable d’émettre que les robots sexuels puissent être nuisibles, sachant qu’ils ne sont pas humains? Bien que Bryson souligne des arguments importants, il faut reconnaitre que la façon dont les humains attribuent des significations aux robots, à la nature et aux animaux nous reflète à quoi ils portent de la valeur.

Mais d’où viennent ces images et produits fantasmés? Le fantasme est-il seulement du domaine neutre, une sphère séparée du « vrai » et donc non problématique? J’énonce au contraire que l’imagination et la façon dont les robots sont perçus démontrent le fonctionnement des relations humaines. La question n’est pas « est-ce que les humains transfèrent leurs expériences aux robots? » mais « qu’est-ce qui est transféré aux robots? » Les anthropologues ont développé une riche documentation sur l’anthropomorphisme des choses, l’encadrant dans le contexte de « l’animisme », c’est-à-dire l’attribution d’un esprit humain aux animaux [13, 14]. De plus, l’anthropologie de la technologie explore la manière dont le sexe, la classe, la sexualité et la race sont infléchis dans la production culturelle des artefacts technologiques [15, 16, 17]. Dans un article à venir, j’énoncerai que l’animisme-technologique est à l’œuvre dans le domaine de la robotique, mais qu’au lieu de venir de l’esprit ou de la religion comme dans les études classiques, il vient d’un manque de sensibilisation et d’attention accordées à la manière dont les modèles culturels de la race, de la classe et du genre sont infléchis dans la conception des robots [18]. La question alors n’est pas ‘pourquoi’ (ce qui est toujours ouvert au débat), mais ‘comment’. De quelle façon les robots sont-ils créés, à quel usage servent-ils et qu’est-ce que ces pratiques peuvent nous dire sur le sexe, le pouvoir, les inégalités, la race et la classe? À cet égard, les campagnes visant à accorder des droits aux robots, sans qu’une attention particulière soit portée aux humains, sont problématiques. Robertson [19] note que les campagnes visant à accorder des droits aux robots sont faites dans des contextes où les militants ne font pas simultanément campagne pour la promotion des droits humains. Or, il devrait être impératif d’explorer l’éthique de l’humain qui est reproduite dans la robotique. Dans certains cas, comme pour les robots sexuels, se profile une vision inquiétante de la vente du sexe comme une chose.

Dans un article récent sur le sexe et les robots, Watercutter [20] a mis en évidence l’imagerie récurrente des fictions et des laboratoires de robotique qui ont largement présenté les robots féminins comme jeunes, attrayantes et axées sur l’exécution de rôles liés à l’industrie des services, tels que réceptionnistes ou serveuses. En ce qui a trait à la conception explicite de robots sexuels, Roxxxy, conçue par la société TrueCompanion du New Jersey, nous démontre qu’elle est la vision masculine d’une femme adulte attirante, soit celle d’une chose possédant trois orifices : une bouche, un anus et un vagin. Par ailleurs, le développement des robots sexuels ne se limite pas aux femmes adultes, les robots mâles adultes sont aussi un marché potentiel pour les hommes homosexuels. Un autre marché qui sera possiblement bientôt étendu est celui des robots sexuels enfants. Ainsi, certains chercheurs, comme Ronald Arkin, professeur de robotique mobile à l’Institut de Technologie de Géorgie, ont avancé que les robots enfants pourraient être utilisés dans le traitement de la pédophilie [21].

  1. CAMPAGNES ET ROBOTS

Dans ce document, j’ai essayé de démontrer le lien évident entre la prostitution, l’imagination et le développement des relations humain-robot. Je soutiens que l’extension des relations prostitutionnelles aux machines n’est ni éthique, ni sécuritaire. Ainsi, le développement des robots sexuels renforcera davantage les relations de pouvoir qui ne reconnaissent pas les deux parties comme des sujets humains. Seul l’acheteur de sexe est reconnu comme un sujet, la prostituée (et par extension le robot) n’est qu’une chose avec laquelle avoir des relations sexuelles. Comme le démontre Baron-Cohen, l’empathie est une qualité humaine importante. Or, la structure de la prostitution encourage la disparition de l’empathie. En suivant les traces des campagnes pour une éthique des robots, je propose de lancer une campagne contre les robots sexuels, de sorte que les questions relatives à la prostitution puissent être discutées plus largement dans le domaine de la robotique. J’ai tenté de mettre en évidence comment les expériences humaines de genre et de sexualité sont récupérées dans la fabrication des robots et que ces robots contribueront aux inégalités de genre retrouvées dans l’industrie du sexe. Je n’ai pas créé ces parallèles entre la prostitution et les robots sexuels, ceux-ci ont été cultivés et explicitement promus par Levy [1]. En faisant campagne contre les robots sexuels, nous allons également promouvoir une discussion sur l’éthique des genres et des sexes dans le domaine de la robotique et aider à attirer l’attention sur les graves problèmes rencontrés par les personnes dans la prostitution.

(note de l’équipe de traduction : tous ces thèmes sont très bien repris et développés sur https://campaignagainstsexrobots.org/ à visiter absolument si l’on veut approfondir ce sujet)

  1. REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier le Centre pour la Responsabilisation Informatique et Sociale (Centre for Computing and Social Responsibility / CCSR).

  1. RÉFÉRENCES
  • Levy, D. 2009. Love and sex with robots: The evolution of human-robot relationships. New York.
  • Synder-Hall, C, 2010 ‘Third-Wave Feminism and the Defense of “Choice”’ Perspectives on Politics, Vol. 8, No. 1 (March 2010), pp. 255-261.
  • Farley, M., Bindel, J., & Golding, J. M. 2009. Men who buy sex: Who they buy and what they know (pp. 15-17). London: Eaves.
  • Schulze, E, Novo, S.I, Mason, P, and Skalin, M. 2014 Research Assistant Gender Exploitation and Prostitution and its impact on Gender Equality. Directorate General for Internal policies.

       http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/etudes/join/2014/493040/IPOL-  

     FEMM_ET(2014)493040_EN.pdf

  • Barton, B. 2006. Stripped: Inside the lives of exotic dancers. NYU Press.
  • Balfour, R . and Allen, J. 2014. A Review of the Literature on Sex Workers and Social Exclusion. By the UCL Institute of Health Equity for Inclusion Health, Department of health.

      https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/30

     3927/A_Review_of_the_Literature_on_sex_workers_and_social_exclusion.pdf

  • National Crime Agency, Child Exploitation http://www.nationalcrimeagency.gov.uk/crime-threats/child-exploitation
  • Baron-Cohen, S. 2011. Zero degrees of empathy: A new theory of human cruelty. Penguin UK.
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  • Hill, K, 2014. Are Child Sex Robots Inevitable? Forbes Magazine.

       http://www.forbes.com/sites/kashmirhill/2014/07/14/are-child-sex-robots-

     inevitable/

SIGCAS Computers & Society | Sept 2015 | Vol. 45 | No. 3 293

TRADUCTION : Claudine G. pour Ressources Prostitution

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