– Entrevue : Rosen Hicher marche pour relancer la loi pour l’Abolition en France

MARCHE POUR L’ABOLITION : RELANCER LA LOI

Interview de ROSEN HICHER

Par Sporenda

 10704063_10204265356687698_1743189250925963076_nCrédit Photo : ©Sonia Delhaye

S/Pourquoi est-ce que vous avez décidé de lancer cette action, la Marche pour l’abolition, et pourquoi précisément une marche plutôt qu’une autre forme d’action ?

RKH/ Cette idée de marche, je l’avais déjà depuis deux ou trois ans dans ma tête, c’était quelque chose qui germait. Quand j’ai commencé à militer pour que l’abolition soit enfin passée, je pensais qu’au bout de six mois, ce serait une chose réglée. C’était pour moi une évidence. Et j’ai vu que ça traînait, ça traînait, et je ne comprenais pas du tout pourquoi le gouvernement ne prenait pas cette question au sérieux. Pour moi qui l’avais vécue, la prostitution était d’une violence tellement extrême qu’il n’y avait pas d’autre solution, ça ne pouvait être que tout de suite et maintenant.

S/ Mais ça ne s’est pas passé comme ça, et c’est ce qui vous a donné l’idée de la marche ?

RKH/ Voilà. Et puis marcher en pensant, et puis marcher pour une péripatéticienne…-pour moi, c’était évident, ça avait du sens…

S/ Vous avez été assistée par une équipe. Comment est-ce que vous avez formé votre équipe, et comment avez-vous organisé la logistique, ce qui était quand même assez compliqué ?

RKH/ Au départ, j’étais partie toute seule, j’habite à Saint-Jean d’Angély, je comptais passer par Saintes, Rochefort, La Rochelle, Niort. Saintes, ce n’était pas très loin de chez moi, je pouvais toujours m’organiser, je connais du monde, des gens qui pouvaient m’héberger dans ces villes, donc ce n’était pas un souci. En fait, la marche a été organisée de mon dernier lieu à mon premier lieu de prostitution, ce qui fait que partout où je passais, partout où j’ai travaillé, j’avais de la famille ou des amis.

L’équipe s’est formée bizarrement, parce que j’ai été en contact avec Luc seulement une fois au téléphone et deux ou trois fois sur Facebook. Catherine, j’ai été en contact une fois avec elle ; ils sont venus spontanément et à partir de là, c’est eux qui ont organisé, ce n’est plus moi.

S/ Parmi les villes qui ont fait partie de votre itinéraire, vous dites qu’il y a plusieurs de ces villes dans lesquelles vous avez travaillé ?

RKH/ C’est ça, j’ai travaillé à Saintes, Rochefort, La Rochelle, Bourges, Châteauroux, Vierzon, Blois. D’autres villes, j’y avais prévu des étapes parce que j’ai de la famille qui y habite—mon fils à Châteauroux etc.

S/ Et vous avez choisi d’arriver à Paris rue du Colisée parce que c’est l’endroit où vous avez fait votre première expérience de prostitution ?

RKH/ Voilà ! Et c’est parce que dans la prostitution, le premier endroit, le premier client, c’est le grand passage, le moment le plus dramatique, parce que c’est celui qui nous met dedans et qui nous empêche d’en sortir.

S/ C’est une chose qui reste vraiment gravée dans la mémoire ?

RKH/ Je peux faire un portrait-robot très précis de mon premier client.

S/ Ce bar à hôtesses rue du Colisée, est-ce qu’il existe encore ?

RKH/ Non, c’est un restaurant maintenant.

S/ Quels sont les plus gros problèmes que vous ayez rencontrés dans cette marche ?

RKH/ Surtout la chaleur, parce qu’il a fait très chaud, entre La Rochelle et Niort, ça a bien chauffé, la température est montée à 35°, j’ai eu une énorme cloque au pied droit, qui m’a handicapée parce que cette grosse boule sous le pied, ça me bloquait pour marcher. Mais en fait, la douleur, je ne la sens pas.

S/ Oui vous avez dit que c’est lié à la dissociation prostitutionnelle, ce fait que vous ne ressentez pas la douleur…

RKH/ Je commence juste à avoir quelques notions de difficultés corporelles. Je commence à ressentir la fatigue, et même certaines douleurs physiques. J’ai eu le bras cassé en 1996, j’ai la tête de l’humérus très abimée, mon bras droit est bourré d’arthrose, et je suis handicapée de ce bras suite à des violences conjugales. Les gens qui ont de l’arthrose me disent toujours : « c’est très douloureux, c’est épouvantable ». Et moi, je n’ai pas de douleur dans ce bras, je ne sens presque rien, sauf de temps en temps, et très léger.

S/ Il y a des personnalités connues qui vous ont soutenue et même accompagnée dans votre marche. Est-ce que vous pouvez nous en parler?

RKH/ Il y a eu Eva Darlan, Florence Montreynaud, Patric Jean, et d’autres. Chaque visage, chaque personne qui m’a accompagnée, je ne peux pas les oublier.

S/ Dans différentes villes, vous avez rencontré des personnalités politiques : conseillers municipaux, maires, etc. Comment ça s’est passé, comment est-ce qu’ils ont exprimé leur soutien à votre cause ?

RKH/ Il y a eu beaucoup d’élus qui m’ont reçue—c’était surtout des hommes. A La Rochelle, c’était une femme, à Niort aussi. Cette femme ne s’était jamais posé la question de la prostitution et de son abolition. Et elle était déléguée aux Droits des femmes à la mairie de Niort…

S/ Une déléguée aux droits des femmes qui ne s’est jamais posé la question de la prostitution, c’est surprenant, non ?

RKH/ Jamais elle ne s’était posé la question, quand je lui parlais, j’avais l’impression qu’elle découvrait que les prostituées pouvaient exister. Mais j’ai quand même reçu un très bon accueil, avec tout de même un souci pour faire passer la pénalisation du client et l’importance du client dans la prostitution. Mais je pense qu’il y en a beaucoup qui ont compris.

S/ Vous avez eu des contacts avec des médias, quelles ont été vos impressions lors de vos contacts avec ces medias ? Est-ce que vous avez ressenti que la position pro-prostitution y domine ? Comment votre message a-t’il été reçu ?

RKH/ Ceux qui sont venus vers moi et ceux que j’ai appelés pour leur annoncer mon arrivée ont tous été attentifs. La plus belle équipe restera celle de Niort, c’était deux hommes, qui étaient vraiment à fond pour, et qui ont tout fait pour faire passer le message que voulait faire passer cette marche : parce que cette marche a été un support pour que le débat soit relancé et que la loi passe enfin au Sénat.

S/ Les journalistes, censés informer les gens, doivent d’abord s’informer eux-mêmes. Est-ce que vous avez eu l’impression qu’ils connaissent vraiment ce dossier ? Ou est-ce qu’ils fonctionnent essentiellement sur le stock de clichés habituels sur la prostitution ?

RKH/ Il y en a très peu qui connaissent vraiment bien la question, c’est un sujet à la fois très connu et très méconnu. En fait, la prostitution est quelque chose qui fascine les medias…

S/ Oui, mais toujours par l’intermédiaire de mythes, de fausses représentations non ?

RKH/ Ces clichés constamment recyclés, c’est très fatigant. Un de ces journalistes m’a avoué qu’il n’avait rien lu, qu’il ne s’y intéressait pas, il n’avait même pas essayé de se documenter, de se renseigner avant… Le côté bénéfique de cette situation—dans le cas de ce correspondant de presse—c’est que son article n’était pas si mal, parce qu’il n’y avait pas les clichés habituels—genre supernana prostituée et heureuse de l’être. Il a fait un article qui n’était pas négatif du tout, parce qu’il n’a écouté que moi.

S/ Selon vous, il vaut mieux ne rien savoir sur la prostitution plutôt que d’avoir un stock d’idées fausses ?

RKH/ Il y a beaucoup de journalistes qui s’intéressent à la prostitution—parce que c‘est un sujet vendeur mais ils ne reprennent que la parole des gens qui sont pour. Donc, un journaliste qui arrive, qui n’y connait absolument rien, qui ne s’est pas intéressé au sujet pour les mauvaises raisons, mais qui m’entend et qui entend le message abolitionniste, son article va aller dans l’autre sens… En plus c’était un jeune qui non seulement n’avait pas réfléchi à la prostitution mais n’avait même jamais pensé à acheter du sexe, ça lui paraissait surréaliste qu’un homme puisse encore acheter une femme aujourd’hui.

S/ D’après certaines statistiques, il semblerait que la position abolitionniste soit beaucoup plus répandue chez les jeunes que chez les personnes plus âgées. Votre message rencontre-t’il plus de succès chez les jeunes ?

RKH/ Je fréquente beaucoup de jeunes, d’abord parce que j’ai des enfants, et qu’en militant pour l’abolition, je rencontre aussi des jeunes. Et beaucoup viennent me dire : « moi, ça ne me viendrait pas à l’idée… » C’est un acquis chez les personnes d’un certain âge, mais pas chez eux. C’est le fait d’une catégorie d’hommes qui se sont donné le droit de tout acheter.

10928576_10204943043269439_1513478263_nCrédit Photo : ©Sonia Delhaye

S/ On vient d’apprendre que théoriquement, la loi allait être examinée par le Sénat au cours du premier semestre 2015. Le Sénat a quand même bloqué cette loi pendant un an…Selon vous, pourquoi y a-t’il a de tels blocages en France ? Je ne pense pas qu’il y ait eu de tels atermoiements dans d’autres pays, comme en Irlande, où la loi vient d’être passée.

RKH/ Oui, c’est long, ils ne se rendent pas compte de l’importance de cette loi… Le problème de la France, c’est qu’on parle beaucoup pour arriver à des résultats très lents à venir. Pour le passage à l’Assemblée nationale, il a fallu réussir à faire passer dans les esprits que d’acheter un corps, ça ne se faisait pas. Ca prend du temps, parce que cela fait du monde à motiver : les députés, ils sont cinq cent et quelque. La loi a été adoptée par l’Assemblée nationale, elle doit repasser devant le Sénat—alors que les sénateurs n’ont pas nécessairement les mêmes positions, ni les mêmes arguments sur la question.

S/ Dans un livre qui vient de sortir, « Elles ont fait reculer l’industrie du sexe », qui relate la façon dont cette loi a été passée dans différents pays nordiques, il est mentionné que c’est un fait connu que certains politiciens très importants sont clients. Ces politiciens ont fait tout ce qu’ils ont pu pour bloquer la loi, et même une fois la loi adoptée, font campagne pour qu’elle soit abandonnée. Est-ce que vous pensez que la même situation pourrait exister en France ?

RKH/ Pour l’anecdote, et maintenant que la Marche est finie, j’ai habité à X…. pendant dix ans. Le maire qui était alors aussi député et qui maintenant est sénateur, ne m’a pas reçue. Et pour cause : quand je travaillais à X… , il était client, il ne s’en privait pas– c’était un ami d’un homme politique très connu. Dans le bar à hôtesses où je travaillais à X, il y avait comme d’habitude des banquettes rouges et des lumières tamisées, et en dessous il y avait une espèce de cave voutée où il y avait des jeunes hommes qui exerçaient. Le maire de X… allait un peu partout pour chercher des femmes, ET dans cet endroit en particulier. Il savait que j’avais habité dans sa ville et comme je l’avais rencontré dans les bars à hôtesses, il n’allait pas me recevoir

S/ Il peut y avoir de telles motivations très personnelles au refus de certains politiciens de faire voter la loi.

RKH/ Moi, ça m’a fait rire ; je savais qu’à X…, il n’y avait aucun espoir d’être reçue. Ce monsieur qui fréquentait les bars et les boîtes, qui y traînait beaucoup, n’avait certainement aucune envie de me rencontrer. Qu’est ce qu’il aurait bien pu me dire : « eh bien écoute Rosen… » C’était d’un comique… J’avais prévu cette étape sur ma route, et j’avais prévu que je ne serai pas reçue. C’est le trait d’humour de la Marche.

Moi je n’ai rien à cacher… Pour l’anecdote, pour voir un peu dans quelle ambiance j’ai pu vivre : tous les jours, il y avait des voitures de gendarmerie devant chez moi. Des services sociaux et les HLM me faisaient surveiller pour savoir s’il y avait encore des clients qui montaient chez moi.

S/ Dans ce livre dont je vous ai parlé, dans un pays nordique où la loi est passée, les medias ont carrément cité, dévoilé les noms des politiciens qui étaient clients de prostituées. Est-ce que c’est une chose qui vous parait souhaitable, acceptable, ou est-ce que c’est un « outing » auquel il faut dire non, parce que c’est le mur de la vie privée etc. Si des députés ou sénateurs sont appelés à voter une loi sur la prostitution et qu’ils sont clients, est-ce qu’il n’y a pas un conflit d’intérêt ?

RKH/ Je serais éventuellement pour mais seulement dans quelques années, parce que tant que la loi n’est pas passée, il faut être relativement prudent : si on en touche un, on les touche tous.

S/ En fait, ce ne serait pas votre responsabilité de faire ces révélations, ça serait la responsabilité des medias de faire leur travail et de relever le problème déontologique qu’il y a si un homme politique qui vote contre la loi abolitionniste était client. C’est un débat…

RKH/ J’ai réfléchi beaucoup : dans la ville de Z, il y avait un élu—qui vient de décéder—qui était sur la liste de la maire actuelle, il était client chez moi—en tant que femme soi-disant « libre »–mais ce mec-là m’a avoué aller n’importe où et acheter des femmes de n’importe quel âge. En tant qu’élu, du plus petit jusqu ‘au plus grand, il y a des choses qui ne se font pas : quand on se présente à une élection, on évite d’être client. Ce mec-là, quand il venait me voir, d’abord il était répugnant. Il était répugnant par ses propos, il était répugnant par ses demandes, et je ne comprends pas la maire de la ville, qui le savait, parce qu’elle en a été avisée, et qui n’a eu aucune réaction, qui est restée complètement indifférente.

S/ Ca ne m’étonne pas, parce que ces hommes politiques se croient tout puissants, au-dessus des lois, ils pensent que rien ne peut leur arriver. Et ils ont raison, parce que citez-moi un homme politique qui ait été mis en prison pour viol, il n’y en a pas. Tron, le député UMP, va repasser en justice mais ça m’étonnerait qu’il fasse de la prison…On lui collera une amende…

RKH/ Oui, ou un rappel à la loi. J’ai réfléchi, et je ne voudrais pas qu’il y ait une polémique maintenant par rapport à des noms dévoilés, je ne voudrais pas que ça cause problème. La loi a déjà trop tardé , il y a des victimes qui attendent.

S/ Donc vous pensez que ça pourrait nuire au passage de la loi, ce genre de révélations ?

RKH/ Ca me fait très peur, je préfère freiner des deux pieds là-dessus. Le sénateur de X, mon ex-client, je savais de toute façon qu’il ne me recevrait pas, il ne pouvait pas parler de ma marche contre l’esclavage sexuel alors que lui-même était client. Il faut attendre que la loi soit passée pour ne pas mettre les filles plus en danger qu’elles ne le sont déjà. C’est pour elles surtout, moi personnellement je peux être attaquée, ça ne me dérange pas.

S/ Vous êtes très courageuse… Si cette loi est finalement passée, quels obstacles vous prévoyez à son application ? En Norvège et en Islande, de telles lois qui ont été passées, mais la police se livre à une sorte de sabotage et ne fait guère d’effort pour surveiller et arrêter les clients. Et les pro-prostitution prétendent alors que la loi ne marche pas. Les histoires de flics ripous qui taxent les prostituées, ça fait partie du folklore de la prostitution. Qu’est-ce que vous pensez de ce risque pour la France ?

RKH/ On a tellement banalisé la prostitution, on est tellement parti du principe que c’était un droit, un acquis, et qu’on pouvait y sacrifier des femmes que ce changement va mettre du temps à rentrer dans les esprits. Il va falloir du temps, c’est vrai.

S/ Et aussi des formations qui fassent comprendre aux policiers ce qu’est la prostitution ? Parce que s’ils continuent à penser qu’il faut faire la différence entre les femmes trafiquées et celles qui ne le sont pas, qu’il y en a qui choisissent… S’ils ont ces idées en tête, comment peuvent-ils faire leur travail correctement ?

RKH/ Il va y avoir tout un travail à faire pour les policiers comme pour les prostituées. Déjà, comprendre comment fonctionne une prostituée, c’est très compliqué, parce qu’on est complètement marginalisées, complètement décalées. Et pour les prostituées, il y a aussi des problèmes de violences conjugales avec des séquelles qui sont graves : leurs compagnons, leurs maris sont violents .Et souvent aussi les prostituées subissent des viols. Elles cumulent toutes les formes de violences, et c’est vrai qu’il va y avoir un travail énorme à faire avec elles, tout un travail de resociabilisation. J’aide des prostituées, l’une d’elles par exemple ne savait même pas qu’elle avait un numéro de sécurité sociale. Et il y a les petites étrangères…

S/ Dont beaucoup ne parlent même pas le Français. Comment est-ce qu’elles peuvent connaître leurs droits ?

RKH/ Ca va être très difficile l’application de cette loi. Mais si les parties concernées font leur travail correctement, ça devrait être possible. Pour les petites étrangères, la question des papiers , six mois renouvelables, ça fait juste, là il y aura encore du travail à faire.

S/ Il y a eu une manifestation de prostituées chinoises récemment à Paris, vous en avez entendu parler ?

RKH/ Il faut savoir que ces femmes sont victimes de kidnapping, elles n’arrivent pas toutes seules en France.

S/ Depuis le passage de la loi en Suède, le pourcentage d’hommes qui sont clients est passé de 13% à 8%. Est-ce que vous pensez qu’on peut espérer la même chose en France ?

RKH/ Oui bien sûr ! Certains de mes clients que j’ai rencontrés après ma marche m’ont dit : « là tu nous a fait comprendre des choses qu’on ne savait pas ». Il y en a certains qui sont capables de comprendre.

S/ A cause de cette loi passée en Suède en 1999, maintenant, les proxénètes ne s’intéressent plus à la Suède, ils considèrent que c’est trop difficile de vendre des prostituées dans ce pays, ils ont transféré leurs affaires ailleurs. Donc la loi a un effet dissuasif, pas seulement sur les clients mais sur les proxénètes aussi. Qui vont là où il n’y a pas de loi, ou même là où la prostitution est légalisée.

RKH/ On espère qu’après, ça passera au niveau mondial.

S/ Est-ce que vous prévoyez une autre action ?

RKH/ Oui j’engage tout le monde à envoyer une carte postale au sénat pour qu’ils s’y mettent un peu, pour les bouger. Bien sûr, avec un langage courtois et non-violent.

S/ Merci pour votre temps Rosen !

 

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4504147_7_5a7e_rosen-hicher-ici-dans-l-essonne-ancienne_2b276c4f9606114c6257e910e567ecaacrédit photo : ©MARC CHAUMEIL/DIVERGENCES POUR LE MONDE

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