– CATW international : lettre à Associated Press, la prostitution n’est ni du « sexe » ni un « travail » !

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CAMPAGNE INTERNATIONALE (traduction française) :

Plus de 300 groupes de défense des droits humains et de lutte contre la traite des personnes pressent l’agence Associated Press d’éviter les termes qui légitiment la prostitution comme une forme de travail.

Gloria Steinem, les philanthropes Peter et Jennifer Buffett, le Women’s Media Center pour les femmes et des survivantes de l’industrie du sexe sont parmi les personnes qui s’opposent aux expressions « travail sexuel » et « travailleuse du sexe ».

New York, le 5 novembre 2014 – Plus de 300 organisations de défense des droits humains, prestataires de services de première ligne, intervenants comme Sanctuary for Families et la Coalition internationale contre la traite des femmes, et des survivantes de l’industrie du sexe, pressent l’Associated Press (AP) de ne pas d’utiliser des termes comme « travail sexuel » et « travailleuse du sexe », puisque ces expressions légitiment la prostitution comme une forme de « travail » en dissimulant la nature violente et exploitante du commerce du sexe.

Dans une lettre ouverte à l’éditeur des Directives stylistiques d’AP, plus de 300 personnes, dont l’auteure féministe Gloria Steinem, les philanthropes Peter et Jennifer Buffett, le Women’s Media Center et des militantes des droits de l’homme de 40 pays, dont l’Australie, le Brésil, l’Allemagne, l’Irlande, le Japon, la Norvège, les Philippines, l’Afrique du Sud, la Suède, les États-Unis et le Venezuela, ont demandé à l’AP d’adopter un vocabulaire différent, qui reflète les réalités de la vie des personnes achetées et vendues dans la prostitution.

Des études et des témoignages de survivantes montrent que l’industrie du sexe est fondée sur la violence, la déshumanisation, la dégradation et la violence genrée qui entraînent des dommages physiques et psychologiques à vie. Entre 65 et 96 pour cent des personnes dans la prostitution ont été agressées sexuellement dans l’enfance; 60 à 75 pour cent d’entre elles ont été violées par des proxénètes et des acheteurs de sexe; et entre 70 et 95 pour cent ont été agressées physiquement dans la prostitution.

Vednita Carter, fondatrice de l’organisation Breaking Free, qui est dirigée par des survivantes, a ajouté: « L’expression de « travail sexuel » a été inventée par des partisans de l’industrie du sexe pour normaliser la prostitution et masquer les blessures qu’elle inflige aux personnes qui y sont exploitées. La prostitution n’est ni du « sexe » ni un « travail ». C’est une pratique néfaste ancrée dans le genre et les inégalités économiques, qui impose des séquelles dévastatrices à celles d’entre nous qui sommes ou ont été dans cette condition.

La lettre explique que « l’abîme qui sépare le sens du mot ‘travail’ et les expériences habituelles de la prostituée ou de la victime de la traite est trop vaste pour être ignoré. Le terme de ‘travailleuse du sexe’ suggère à tort que la personne qui est dans la prostitution est le principal agent dans une industrie du sexe brassant plusieurs milliards de dollars. »

« Le terme de ‘travailleuse du sexe’ rend invisibles et irresponsables les trafiquants, les proxénètes, les propriétaires de maisons closes et de clubs de strip-tease, et les acheteurs de sexe qui s’en prennent aux personnes vulnérables ayant des antécédents de pauvreté, d’itinérance et d’agressions sexuelles », ajoute Autumn Burris, fondatrice et directrice générale de l’organisation Survivors for Solutions. « Nous devons voir la prostitution comme une violation des droits de la personne. »

Leur lettre s’inquiète également de l’utilisation du nom « prostituée » et suggère comme vocabulaire alternatif des termes comme « personne dans la prostitution », « personne prostituée », ou «personne commercialement exploitée au plan sexuel ». Au lieu de « travail sexuel », les intervenantes proposent les expressions « l’industrie du sexe », « le commerce du sexe », ou « la prostitution ». La lettre indique également que les expressions « prostituée adolescente », « prostitution juvénile » et « enfant travailleuse sexuelle » n’ont pas leur place dans un journalisme responsable et doivent être remplacées par « enfant victime de la traite à des fins sexuelles ».

Cette lettre a été écrite en réponse à une invitation de l’AP de présenter des observations pour l’édition 2015 de ses Directives stylistiques et à la suite d’une campagne Internet appelant l’AP à adopter le terme de « travailleuse sexuelle ».

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