– Un chercheur atteste de l’efficacité de la loi contre l’achat de sexe en Norvège

Prostitution: la droite, le parti du progrès et le parti libéral veulent abolir la loi norvégienne interdisant l’achat de sexe. Andreas Kotsadam, chercheur à l’Université d’Oslo, soutient  qu’il y a aujourd’hui moins d’hommes qui achètent du sexe depuis l’adoption de cette loi. 

Auteurs: Håvard Therkelsen et Tore Letvik, Dagsavisen, 11 janvier 2014

« LA PROSTITUTION À OSLO »

·        En 2008, l’organisation Pro Senteret, qui s’occupe d’enjeux liés à la prostitution à Oslo (Norvège), est entrée en contact avec 1582 perspnnes. L’organisation a signalé que la prostitution de rue avait baissé d’environ 30 pour cent après l’entrée en vigueur de la loi sur l’achat de sexe, selon la publication Aftenposten. Cependant, ce nombre a graduellement remonté depuis.

·        Selon le gouvernement, les tribunaux ont sanctionné 11 cas d’achat de sexe l’an dernier. Les chiffres montrent également que la grande majorité des contrevenants ont choisi l’amende. Au cours de la première année, la loi a été appliquée à plus de 100 acheteurs arrêtés par la police d’Oslo. Depuis, le nombre d’avis est tombé à 93 en 2010 et 84 en 2011, avant de remonter à 100 en 2012.

«La proportion d’hommes qui achètent du sexe en Norvège a diminué après l’introduction de la loi », explique Andreas Kotsadam, post-doctorant à l’Université d’Oslo, en Norvège.

M. Kotsadam a étudié le nombre de personnes à acheter dusexe en Norvège avant et après l’entrée en vigueur de la loi sur l’achat de sexe le 1er janvier 2009. Il constate une baisse marquée:

En 2008 (avant la loi sur l’achat de sexe), 10 pour cent des Norvégien-ne-s ont répondu qu’une de leurs connaissances avait acheté des actes sexuels au cours des six derniers mois .

En 2010 (après la loi sur l’achat de sexe), 6 pour cent des répondants disent connaître des gens qui ont acheté des actes sexuels au cours des derniers mois.

«La loi sur l’achat de sexe fonctionne»

Les chercheurs ont comparé les résultats obtenus à ceux d’un groupe témoin en Suède, où l’achat de sexe (sexkjøp) est illégal depuis 1999. Dans ce pays, la proportion de répondants dont une connaissance a acheté du sexe au cours des six derniers mois s’avère stable d’année en année à 4 pour cent.

– «En Suède, où cet interdit existe, nous voyons que les chiffres sont stables, tandis qu’en Norvège, où l’on vient d’adopter cette loi, nous voyons que la proportion a nettement diminué», a déclaré M. Kotsadam, qui ajoute:

– «Si vous regardez la question du point de vue du nombre de gens qui achètent du sexe en Norvège, notre loi fonctionne.»

Une ex-prostituée décrit son mal-être

La coalition qu’ont créée les Conservateurs et le parti du progrès souhaite, comme la majorité de gauche au Parlement («Storting»), abroger la loi interdisant l’achat du sexe. Le député Jan Arild Ellingsen, qui représente le Parti du progrès à la Commission législative, est convaincu que la loi sera abrogée, afin qu’il devienne à nouveau légal d’acheter du sexe en Norvège.

– «Cela va arriver, c’est juste une question de temps», a-t-il déclaré à Aftenposten.

Mais le parti populaire chrétien a obtenu dans son accord de coopération avec le gouvernement de coalition que toute modification législative devrait être sujette à évaluation avant d’être adoptée. La firme Vista Analysis doit déposer ce rapport d’évaluation en juin avec le rapport. Le Parti populaire chrétien a clairement annoncé son intention de se battre pour préserver l’interdiction.

Le débat a repris de plus belle après que le journal Aftenposten ait publié le blog d’une ex-prostituée danoise, Tanja Rahm, où elle décrit le mal-être qu’elle éprouvait quand elle vendait du sexe: «Avez-vous vraiment cru que j’étais mentalement ou physiquement apte à allumer lors de rapports sexuels avec des hommes que je n’avais pas moi-même choisis? Certainement pas», a écrit Mme Rahm dans ce texte.

Choisir le changement

M. Kotsadam souligne les multiples impacts de la loi : il s’est produit un changement d’attitude chez les jeunes dans l’ensemble du pays – il semble maintenant plus immoral d’acheter du sexe.

Selon le spécialiste, en Norvège, 1,6 pour cent des répondants disent avoir acheté des actes sexuels au cours des six derniers mois. Au Danemark, où il n’existe pas d’interdiction, cette proportion a été de 2,6 pour cent. En contrepartie, en Suède, où cette interdiction existe depuis 1999, il n’y a que 0,6 pour cent des hommes qui ont répondu avoir acheté du sexe au cours des six derniers mois.

Une mesure efficace contre la traite       

M. Kotsadam souligne que la loi sur l’achat de sexe a un effet évident pour contrer la traite des personnes.

Il a examiné les lois de 39 pays européens en matière d’achat de sexe. Treize d’entre eux interdisent la vente et l’achat d’actes sexuels. Un seul de ces 13 pays connaît un niveau élevé ou très élevé de traite.

Vingt-sept pays ne présentent pas de tel interdit. Quinze d’entre eux affichent un niveau élevé ou très élevé de traite.

«Il est très évident que les pays qui ont des lois contre la prostitution éprouvent beaucoup moins de problèmes de traite. C’est parfaitement clair. C’est certainement aux Pays-Bas, en Allemagne et en Grèce, où l’achat et la vente de sexe sont permis, que l’on constate le plus de traite», conclut le post-doctorant. »

Source : http://www.dagsavisen.no/samfunn/forsker-sexkjoploven-virker/

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