– Amnesty International endosse la prostitution: Une inversion abjecte de ses propres principes

Amnesty est connue pour ses efforts visant à promouvoir les droits de l’homme, écrit Julie Bindel. Mais la nouvelle initiative d’Amnesty va à l’encontre de ses principes éthiques – servir de rempart aux personnes subissant des sévices et de l’exploitation.

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Par JULIE BINDEL, The Daily Mail, le 24 janvier 2014

 » La plus récente proposition politique d’Amnesty (http://dailym.ai/1fjNH7L) va à l’encontre de sa philosophie de protection des personnes qui subissent de la violence.

Depuis sa fondation il y a plus de 50 ans, Amnesty International a acquis une formidable réputation en tant qu’organisation qui milite contre l’oppression à la grandeur de la planète.

Pour les personnes vivant sous un régime autoritaire, Amnesty est venue, à juste titre, à être considérée comme un symbole d’espoir et une force pour la liberté.

En tant que féministe de gauche, j’ai toujours soutenu les efforts déployés par cette organisation pour promouvoir les droits des femmes dans le monde.

Mais c’est précisément à cause de cette admiration que je suis aussi consternée par leur nouvelle initiative, qui va à l’encontre de toute leur philosophie d’agir comme un rempart protégeant les personnes qui souffrent de sévices, d’exploitation et de mauvais traitements.

L’appel à la dépénalisation de la prostitution – ou de ce qu’Amnesty décrit, avec un euphémisme offensant, comme l’industrie du «travail du sexe» – est enveloppé d’un discours rassurant et d’une rhétorique politiquement correcte sur les droits des femmes. Mais la réalité est que cette légalisation représenterait un endossement officiel par l’État des gens qui entretiennent un commerce ignoble.

Cette étonnante proposition ne démontre absolument aucune compréhension du monde obscur et misogyne de la prostitution, où la contrainte est omniprésente et la brutalité endémique.

Amnesty essaie de prétendre que la vente de leur corps par des femmes est semblable à d’autres formes de travail. Un passage de leur document trace même un parallèle explicite entre les femmes qui «choisissent de devenir travailleuses du sexe» et «les mineurs ou travailleuses domestiques d’origine étrangère».

J »ai mené beaucoup de recherches sur la prostitution. Une des femmes que j’ai interviewées a décrit une vie où elle recevait au moins dix clients par jour comme «une forme de torture».

C’est exactement le genre d’injustice qu’Amnesty est censée combattre. Pourtant cette organisation, dans une inversion abjecte de ses valeurs éthiques, semble s’être en quelque sorte persuadée que céder pour de l’argent à une agression sexuelle masculine représente une avancée sur la voie de la liberté.

Loin de représenter une forme de progrès pour les femmes, la décriminalisation de la prostitution conduirait à plus de sévices, plus de violence et plus d’assujettissement.

Ce facteur est apparu clairement en Australie, où la légalisation de l’industrie des bordels dans un des États a conduit à un quadruplement du nombre de femmes victimes de la traite dans les bordels légaux. Dans un autre euphémisme terrible, Amnesty admet que «le contexte» de l’industrie du sexe est «imparfait».

«Imparfait» est une étrange façon de décrire un commerce fondé sur la violence physique, le viol, la molestation sexuelle d’enfants, le sadisme et la cupidité. Il est hautement offensant pour Amnesty de présenter de telles conditions comme semblables à celles d’autres industries.

Dans quel autre travail les risques professionnels comprennent-ils des passages à tabac, des vols de revenus, des maladies sexuellement transmises, des grossesses non désirées, l’enlèvement forcé d’enfants, des menaces constantes et même la mort? En fait, il existe bien peu d’autres activités plus dangereuses pour les femmes.

Il est révélateur que bon nombre des pires tueurs en série de Grande-Bretagne, comme le Yorkshire Ripper, Peter Sutcliffe, ou le meurtrierd’Ipswich, Steven Wright, étaient des visiteurs assidus de femmes prostituées.

Dans la même veine d’auto-illusion, Amnesty affirme qu’elle ne soutiendra pas la décriminalisation de la prostitution là où de la violence ou de la contrainte sont impliquées. Mais c’est un autre indice de la confusion de leur analyse. L’intimidation est omniprésente au cœur de cet univers.

Très peu de femmes en viennent à vendre des actes sexuels de plein gré. La traite, les menaces, les toxicomanies et les pressions financières jouent toutes un rôle dans cette dynamique.

Des recherches récentes ont montré que 67 pour cent des femmes en prostitution ont vécu des violences dans l’enfance, 61 pour cent ont subi des violences de «clients», et 74 pour cent ont connu des problèmes de santé mentale et physique en raison de leur participation à ce commerce.

Suprême absurdité, Amnesty semble même avoir accepté l’idée que de payer pour des services sexuels est un droit humain fondamental pour les hommes.

Les hommes qui sont prêts à payer pour des actes sexuels ont déjà, par définition, une attitude méprisante envers les femmes – ils ne sont pas intéressés à une relation d’égalité ou à un échange significatif avec une partenaire.

Au lieu de proposer la légalisation, Amnesty International devrait prioriser la libération des femmes de l’emprise de ces hommes.

La fin de la prostitution est peut-être un idéal lointain, mais c’est encore beaucoup mieux que la sordide collusion d’Amnesty avec une institution misogyne. »

 

Source : http://www.dailymail.co.uk/news/article-2544983/JULIE-BINDEL-An-abject-inversion-principles.html#ixzz2rLxOvUwq

Copyright : Julie Bindel, 2014.

 

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