– Communiqué de la CLES : Les femmes ne sont pas a vendre

Ottawa, le 24 mars 2014

 

En décembre 2013, la Cour suprême du Canada a jugé inconstitutionnelles certaines portions des lois criminelles concernant les bordels et les agences d’escortes (maisons de débauche), la prostitution de rue (communication) et le proxénétisme (vivre des fruits de la prostitution d’autrui) et a maintenu que la déclaration de l’invalidité devait être suspendue pendant 12 mois afin de donner au Parlement la possibilité de voter de nouvelles lois. Le Parlement doit réagir à cette décision en 2014 conformément à ses obligations constitutionnelles et internationales afin de protéger et de promouvoir l’égalité des femmes.

Nous sommes des organisations comptant des décennies d’expérience dans la défense des droits des femmes au Canada. Nos organisations membres (voir ci-dessous) fournissent des services de première ligne en gestion de crise et des services contre la violence tout en représentant et en défendant les droits pour les femmes et les filles qui sont prises dans la prostitution, qui sont criminalisées ou incarcérées en lien avec la prostitution, qui tentent de se sortir de la prostitution, qui sont ciblées pour la prostitution ou ayant étant victimes de violence masculine, incluant la prostitution.

Nos organisations forment la Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution afin d’intervenir dans le débat constitutionnel et d’affirmer publiquement, selon nos connaissances et notre expérience, que la prostitution est un système de discrimination fondé sur le sexe, la race, la pauvreté et l’indianité, et est une pratique de violence envers les femmes.

Nous sommes grandement préoccupées par la décision de la Cour suprême qui, bien que reconnaissant que les femmes prises dans la prostitution font face à de graves dangers et à des choix limités, a pour effet de décriminaliser les clients et profiteurs à la source même des préjudices et de l’exploitation. Nous croyons qu’il est contraire aux droits de la personne de toutes les femmes de permettre impunément d’acheter le corps des femmes et de permettre à de tierces parties de profiter de la vente. L’expérience nous montre que décriminaliser la demande pour la prostitution augmentera substantiellement la demande. Pour répondre à cette demande, les personnes les plus vulnérables sont ciblées : les jeunes, les femmes et les filles autochtones et les femmes subissant la traite de personnes.

La Coalition de femmes endosse une approche juridique et de politique publique envers la prostitution, qui englobe les trois éléments essentiels suivants :

• des stratégies pour décourager la demande pour la prostitution, incluant l’éducation du public;

• la décriminalisation des personnes prostituées et la criminalisation des clients et des proxénètes (avec différentes sentences possibles);

• du soutien à grande échelle pour offrir aux femmes de réelles solutions de rechange à la prostitution, incluant des programmes pour s’en sortir.

Nous sommes a Ottawa aujourd’hui pour demander au gouvernement canadien de faire plus pour les femmes dans la prostitution et de faire plus pour mettre fin a cette forme de violence envers les femmes. Nous sommes accompagnées de groupe allies avec qui nous travaillons pour mettre fin à la prostitution.

Les organismes qui suivent sont disponibles pour répondre à vos questions :

 

Membres de la Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution et ses allies

 

Association des femmes autochtones du Canada

Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel

Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes

Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter

Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle

Sextrade 101

Indigenous Women Against the Sex Industry

Asian Women Coalition Ending Prostitution

EVE – Formerly exploited voices now educating

 

 pour plus d’informations, contacter:

 Diane Matte, CLES – 1-514-503-7754 – diane.matte@lacles.org

 ou Éliane Legault-Roy 514-692-4762 (cellulaire médias)

 Claudette Dumont-Smith, NWAC – 1-800-461-4043 – cdumontsmith@nwac.ca

 

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