– C36 : Les associations féministes rejettent la criminalisation des femmes prostituées

Communiqué traduit des femmes de la Coalition.

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

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Les associations féministes canadiennes rejettent la criminalisation de femmes prostituées

12 juin 2014

Les associations féministes canadiennes rejettent toute criminalisation des femmes prostituées

Vancouver, Colombie-Britannique – Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui, des associations locales féministes ont commenté la nouvelle loi sur la prostitution (projet de loi C-36), qui fait l’objet de débats depuis hier au Parlement canadien.

Pour la première fois au Canada, les nouvelles lois proposées criminaliseront l’achat de services sexuels. Trisha Baptie, de l’organisation EVE (« formerly Exploited Voices now Educating ») a dit: « À titre de groupe d’ex-participantes à l’industrie du sexe, nous sommes encouragées de voir le gouvernement créer un excellent canevas sur lequel construire des lois égalitaristes, c’est-à-dire des lois qui prennent la responsabilité des préjudices subis par les femmes dans la prostitution et la déposent aux pieds des hommes qui sont les véritables auteurs de cette violence. En effet, nous savons que ce ne sont pas des lois ou des emplacements qui nous ont battues, violées et tuées, nous et nos amies; ce sont des hommes acheteurs de sexe et, à ce titre, ce sont leurs comportements que nous devons modifier, plutôt que de leur trouver des façons plus sécuritaires, plus propres ou mieux dissimulées d’agresser des femmes. »

Cependant, les associations sont critiques de l’intention du gouvernement de criminaliser les femmes prostituées par le biais de cette nouvelle loi. Samantha Gris, du groupe Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter, a le commentaire suivant : « Nous rejetons toute criminalisation des femmes qui sont dans la prostitution. En criminalisant les personnes qui se font prendre à vendre des services sexuels dans des lieux publics, les femmes prostituées continuent à voir leur manque de choix pénalisé par l’État. Pour protéger pleinement les femmes qui sont dans la prostitution, le gouvernement fédéral doit veiller à ce qu’aucune femme prostituée ne fasse l’objet de poursuites à cause de sa propre exploitation. »

Ces associations exigent plus de fonds pour des services offrant de véritables alternatives aux femmes en prostitution. «Nous devons investir davantage dans des stratégies de prévention et de sortie de l’industrie, et dans l’éducation du public. Nous pensons que ces choses sont possibles et que nous pouvons nous doter d’une législation qui favorise l’égalité des femmes », a déclaré Cherrie Smiley, de l’organisation Femmes autochtones contre l’industrie du sexe.

Enfin, les associations veulent que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour assurer l’égalité de toutes les femmes. Voici un billet d’Alice Lee de la Coalition des femmes asiatiques mettant fin à la prostitution : « Pour protéger les êtres les plus vulnérables et à risque d’exploitation, le Canada doit renforcer nos droits sociaux, économiques et culturels et livrer les modifications de fond qui s’imposent pour faire advenir l’égalité et la sécurité sexuelle et raciale des femmes. »

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