– Canada : Les femmes autochtones contre l’industrie du sexe

Communiqué de presse:

Les femmes autochtones contre l’industrie du sexe continuent de se battre pour l’abolition de la prostitution

Le 20 décembre 2013

« À titre de femmes et de filles autochtones ayant subi des siècles de violence masculine coloniale, nous ne sommes pas surprises de la décision prise par la Cour suprême du Canada d’invalider les lois actuelles sur la prostitution. Nos histoires, nos lois et nos traditions, et nos visions du monde ont été délibérément omises de la décision de la Cour suprême. Une fois de plus, ce ne sont pas seulement nos voix, mais nos corps et nos vies qui ont été repoussées comme étant sans importance. En tant que femmes et que filles autochtones de cette terre, qui avons résisté à des siècles d’oppression coloniale, nous affirmons notre droit à nos terres, nos cultures, nos lois, et notre souveraineté sur notre corps. Nous rejetons toute décision qui entraverait ces droits inaliénables. Nous nous engageons à continuer dans la fière tradition de nos Mères et Grands-mères et à continuer à lutter pour nos enfants et petits-enfants. Nous visons un moment-charnière. Nous avons la capacité – et  la responsabilité – de transformer le cours de l’histoire. Nous demandons instamment à toutes celles et ceux qui recherchent la justice, la liberté et l’égalité de regarder au-delà de la décision rendue par la Cour suprême et d’écouter les voix, les expériences et la sagesse des femmes et des filles autochtones. La prostitution n’était pas et n’est toujours pas une pratique traditionnelle chez les peuples autochtones. Nous demandons à toutes les personnes qui recherchent la justice, la liberté et l’égalité de reconnaître la prostitution comme un système colonial et comme une forme de violence contre les femmes et les filles qui doit être abolie.

Nous voyons là une opportunité pour chacune et chacun de nous de travailler à un avenir meilleur – un avenir dans lequel nos filles ne seront pas remises aux proxénètes et aux prostitueurs pour être violées, maltraitées et rejetées. Nous voyons une lueur d’espoir dans la décision prise par la Cour suprême de décriminaliser les femmes et les filles prostituées. L’étape suivante consiste à défendre les droits des femmes et des filles autochtones en criminalisant la source du préjudice exercé dans la prostitution – les proxénètes et les prostitueurs. Voilà qui serait un geste réellement progressiste dans l’intérêt de l’égalité des femmes.

En plus de lois criminalisant les proxénètes et les prostitueurs, nous exigeons également le financement de politiques et programmes sociaux qui empêchent les femmes et les filles d’entrer dans la prostitution au départ, et qui nous aident à en sortir et en guérir. Ces ressources incluent notamment un logement sûr et abordable, un revenu de subsistance garanti, du counseling, de la formation professionnelle et des programmes réservés aux femmes de désintoxication et de rétablissement. Nous exigeons aussi que le gouvernement se conscientise et fasse de l’éducation populaire en faisant reconnaître la prostitution comme une forme de violence sexuelle masculine coloniale à l’égard des femmes et des filles.

Nous demandons au public et aux décideur-e-s de se montrer solidaires avec nous et d’adopter le modèle nordique de politiques en matière de prostitution. Ne vous laissez pas « avoir » à appuyer la décriminalisation des proxénètes et des clients comme politique juridique et sociale progressiste. Nous sommes des femmes et des filles autochtones qui avons survécu à des siècles de colonialisme, de violence masculine et de capitalisme, et nous n’allons pas disparaître. Nous sommes fières de faire partie d’un mouvement mondial abolitionniste féministe, et nous vous demandons de nous rejoindre dans notre lutte pour la liberté. »

Indigenous Women Against the Sex Industry

Contact: contactiwasi@gmail.com

Traduction: TRADFEM

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