– Canada : En réponse aux menaces de l’industrie du sexe de recruter dans les écoles du pays

La députée fédérale Joy Smith a récemment fait publier le texte d’opinion ci-dessous en réponse aux menaces formulées par Tim Lambrinos, directeur général de l’Adult Entertainment Association of Canada, qui a annoncé il y a 10 jours la première étape d’une stratégie de l’industrie du sexe visant les jeunes filles mineures. L' »Association du divertissement adulte du Canada » entend amener dans les écoles secondaires et les centres d’achat du matériel de promotion de son industrie. (Lire un article à ce sujet au http://m.fr.canoe.ca/infos/insolite/archives/2012/07/20120722-194613.html )

Voici la version française du texte d’opinion de Madame Smith:

« La guerre contre les trafiquants de personnes qui s’attaquent à nos jeunes est ouvertement déclarée. Ceux qui profitent des jeunes Canadiennes qu’ils recrutent pour le commerce sexuel ont été démasqués dans les journaux ainsi que leur stratégie consistant à cibler de jeunes Canadiennes du secondaire parce qu’ils ne peuvent plus faire venir de jeunes femmes de l’étranger pour les exploiter sexuellement.

Il n’est pas étonnant que l’Adult Entertainment Association of Canada (AEAC) soit dérangée par les initiatives récentes visant à éliminer une échappatoire de la traite de personnes au Canada. Les propriétaires de clubs de striptease voient une source de revenus disparaître et ils sont en colère. Mais les enseignants et les parents sont furieux eux aussi de voir que l’AEAC cible leurs jeunes pour les exploiter sexuellement.

Tim Lambrinos, directeur général AEAC, prétend représenter 38 000 effeuilleuses, dont 28 % sont des étudiantes. Il affirme que son rôle consiste à aider des jeunes à payer leurs études universitaires, mais en réalité, il est le porte-parole d’une industrie qui gagne des millions en attirant des étudiantes dans l’industrie du divertissement sexuel pour adultes.

Un grand nombre de ces victimes sont terrifiées à l’idée de parler de leur réalité et elles sont effectivement bâillonnées par le coaching, la manipulation et l’abus. Elles sont formées pour accepter la violence à leur endroit et ne pas attirer l’attention de la police sur les clubs. Interrogez Natasha Falle, Timea Nagy, ou les centaines d’autres victimes qui sont tombées dans le piège de l’esclavage moderne. Elles raconteront la vérité.

Prenons Sharon, une jeune adolescente canadienne à qui j’ai parlé et qui m’a décrit comment son prédateur – son petit ami – a promis de s’occuper d’elle et de l’aimer pour toujours. Après l’avoir isolée de sa famille et de ses amis, il a changé complètement d’attitude. Il l’a vendue sur le marché du sexe. La vie de Sharon a été un enfer jusqu’à ce qu’elle devienne tellement malade que son propriétaire ne puisse plus profiter d’elle. Elle a alors été rejetée et abandonnée à la mort.

Le souteneur de Sharon travaillait en secret, mais cette semaine, les grands propriétaires de clubs de striptease et d’agences de rencontres du Canada se sont vantés publiquement de leur stratégie visant à cibler les adolescentes dans les écoles secondaires. Par leur documentation explicite qui promet aux mineures de gagner des sommes faramineuses si elles acceptent de se dévêtir, ils recrutent effrontément nos jeunes. Je félicite la commission scolaire de Vancouver, qui a rapidement refusé de laisser les clubs de striptease recruter des élèves dans ses écoles.

Partout sur la planète, et même ici au Canada, ce sont surtout des femmes et des jeunes filles qui se font prendre dans l’engrenage de l’exploitation sexuelle de l’industrie du sexe, par la coercition, les menaces, la supercherie ou la fraude. La police découvre régulièrement des mineures qui travaillent dans les clubs de striptease canadiens. L’âge moyen d’entrée dans la prostitution au Canada se situe entre 12 et 14 ans. Il est impossible de croire que ces adolescents décident rationnellement de vendre leur corps à une moyenne de 20 à 40 hommes chaque soir. Chaque victime peut rapporter à son « propriétaire » jusqu’à 280 800 $ par année, d’après le Service canadien de renseignements criminels.

Les enfants qui deviennent les victimes de la traite de personnes sont les plus vulnérables, mais ils viennent de tous les milieux. Natasha Falle vient d’une famille respectable de Calgary et elle a commencé à se prostituer avant son 15e anniversaire. Elle m’a dit avoir été forcée de recruter d’autres victimes en présentant la prostitution sous un jour séduisant, en cachant les expériences violentes et en mettant l’accent sur l’argent gagné facilement et rapidement. Natasha a fini par s’échapper de ce monde brutal et elle a fondé une organisation (SexTrade101) pour sauver les jeunes filles qu’elle avait l’habitude de recruter.

La prostitution, les clubs de striptease et les salons de massage ont tous un point en commun – leurs propriétaires se graissent la patte grâce aux « services » sexuels de jeunes victimes. Timea Nagy, fondatrice de Walk With Me, une organisation visant à rééduquer les victimes de la traite de personnes, est entrée au Canada en provenance de l’Europe de l’Est, avec un visa temporaire de visiteur, pour travailler dans le commerce du sexe.

Quand elle est arrivée au Canada, elle a été manipulée et forcée de faire du striptease. Pendant ces trois mois comme effeuilleuse, elle a été violée à maintes reprises par ses agents, forcée d’avoir des rapports sexuels avec les clients du club et menacée de mort. Son cas n’est pas unique.

Des milliers de victimes, comme Sharon, Natasha et Timea, ont été leurrées et sont tombées dans le piège de l’esclavage moderne au Canada. Le maquereau de Sharon l’a abandonnée à la mort, mais elle a survécu parce qu’un passant est intervenu.

Les Canadiens et les Canadiennes doivent envoyer un message clair aux souteneurs et aux propriétaires de clubs et d’agences de rencontres que nos enfants ne seront ni achetés ni vendus. »

Joy P. Smith, députée fédérale

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